(Edition 00/5 page 38)

Un respect amoindri pour le travail d'autrui

La réputation de la toiture plate a fortement progressé ses dernières années. Comme vous avez pu lire ailleurs dans cette édition, la durabilité des matériaux d'étanchéité actuels a été confirmée une fois de plus par des tests dans des circonstances réelles. En plus, nous disposons de matériaux d'isolation ayant d'excellentes propriétés, ainsi que de l'expérience et des connaissances nécessaires pour réunir tous ces produits dans une construction de toiture fiable. Somme toute, nous vivons en l'an 2000 et dans notre secteur aussi, la technologie a tellement évolué qu'une toiture plate n'est plus nécessairement une toiture à problèmes. A présent, les problèmes surviennent à un autre niveau.

Dans la Note d'Information Technique no 183 "La toiture plate", on mentionne clairement que ce n'est pas seulement l'entrepreneur des travaux d'étanchéité, mais les autres aussi, qui doivent prendre les précautions nécessaires pour éviter l'endommagement des panneaux d'isolation et des membranes d'étanchéité sur la toiture et que le transport et le stockage des matériaux directement sur les panneaux d'isolation ou la toiture finie est inadmissible. Malheureusement, la théorie diffère quelque peu de la pratique.

La concurrence en croissance permanente et les délais d'exécution de plus en plus brefs réduisent à néant les bonnes intentions comme le planning et la coordination du chantier. Quand l'entrepreneur de travaux d'étanchéité tourne le dos à sa toiture achevée, la surface de la toiture est souvent transformée en un véritable stock pour des panneaux d'isolation, des palettes de bois, des profilés métalliques tranchants, des éléments d'échafaudage et même pour des blocs en béton d'une charge écrasante. Afin de pouvoir utiliser la grue qui n'est que temporairement présente sur le chantier, l'isolation est parfois appliquée trop tôt et le matériel est détérioré en marchant ou en roulant dessus avant qu'il ait pu remplir sa fonction. Souvent la toiture est déjà achevée alors que le bardage métallique adjacent doit encore être appliqué. Des vis restent traîner sur le revêtement fragile et provoquent inévitablement des perforations et des fuites lorsqu'une personne marche dessus. On n'utilise que rarement des planches et des échafaudages sont montés directement sur le revêtement d'étanchéité. Bref, les histoires et les reportages photographiques sur de telles situations intolérables sont légion et le problème gagne en importance.

Quand est-ce que ceci va prendre fin et qui va payer l'addition? Deux questions auxquelles il n'est pas si facile de répondre. Souvent on jette un voile sur le problème, non pas par malveillance ou par mauvais esprit, mais tout simplement parce que le sous-traitant à qui on a fait tort veut continuer dans l'avenir à travailler pour l'entrepreneur principal "coupable". Toutefois, il y a encore des esprits courageux qui photographient le capharnaüm sur leur toiture finie ou les dégâts provoqués et qui portent l'affaire devant un tribunal ou qui refusent tout simplement de travailler dans certaines situations douteuses. Par la force des choses, ils sont obligés de payer le prix et de perdre des projets.

Le paiement des coûts est une autre affaire. Si on ne peut (ou veut) pas prouver à l'aide de preuves irréfutables que son travail a été détérioré par une tierce personne devra inévitablement participer aux dommages. Les discussions concernant la responsabilité coûtent beaucoup d'argent et de temps aux entrepreneurs et fabricants et la faute est souvent un dialogue de sourds.

Un bon planning et une bonne organisation du chantier - de préférence à partir de la table à dessin - et un peu plus de respect pour le travail d'autrui pourrait éviter beaucoup de misères à tout le monde.

par: Ing. Guniée G.


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