(Edition 00/5 page 48)

5 ans pour réduire d'un tiers le nombre d'accidents

Grâce aux actions diverses et à tous les efforts déjà faits, le nombre d'accidents dans le secteur de la construction a fortement diminué les dix dernières années. Mais avec 13 accidents mortels pendant trois mois, le début de l'an 2000 était de nouveau très sombre. C'est pour cette raison que le Comité National d'Action pour la Sécurité et l'Hygiène dans la Construction (C.N.A.C.) lance de nouveau quelques actions bien réfléchies. L'objectif est de faire diminuer d'un tiers encore le nombre d'accidents en 5 ans.

Le nombre d'accidents dans la construction a diminué, mais le secteur ne peut pas suivre l'évolution positive des autres secteurs: la diminution du taux de fréquence des accidents de 17% n'égale pas les 21% qu'on a pu réaliser dans tous les autres secteurs. En plus, tandis que la gravité des accidents global diminue, notre secteur est de plus en plus confronté à des accidents graves.

Afin de pouvoir réaliser des actions adéquates, le C.N.A.C. a décidé d'étudier avant tout les causes principales des accidents. On a constaté quelques choses remarquables:

Nouvelles actions au sein du secteur

Déjà en 1965, les partenaires sociaux au sein de la Commission Paritaire de la Construction ont décidé de créer le Comité National d'Action pour la Sécurité et l'Hygiène dans la Construction (C.N.A.C.) afin d'améliorer la sécurité dans leur secteur. Pendant la conférence de presse officielle le 15 mai dernier, l'organisation a présenté sa nouvelle campagne.

Le C.N.A.C. dispose d'une vingtaine de collaborateurs spécialisés qui visitent chaque année quelque 16.000 chantiers où ils procurent, tout à la fois aux travailleurs et aux responsables du chantier, des conseils et des explications au sujet des risques concrètes et des problèmes qui surviennent sur ce chantier. Parce qu'ils doivent souvent répéter la même chose et qu'un certain nombre de risques revient sans cesse, le C.N.A.C. a décidé d'établir, avec le soutien financier de l'Europe, un programme ayant pour but de centraliser et répertorier tous les risques constatés dans << L'atlas de prévention Construction >>. Cet 'hit-parade' des risques permettra à l'organisation de se focaliser de manière très concrète et ciblée sur les situations à risques les plus dangereuses et les plus fréquentes.
Tous les collaborateurs du C.N.A.C. et les conseillers ont en plus suivi récemment une formation en techniques de vente afin de pouvoir convaincre, encore plus que par le passé, les entrepreneurs et les travailleurs de l'importance et de la nécessité de travailler en sécurité. Parce que les travailleurs et les responsables de chantier qui se trouvent aujourd' hui sur le terrain n'ont pas reçu de cours de sécurité à l'école, le secteur de la construction a décidé par sa dernière CCT d'organiser et de rétribuer lui-même une formation << sécurité de base >>. Jusqu'à présent, quelque 17.000 personnes ont suivi ce cours et on espère que les entrepreneurs inscriront à nouveau après les vacances d'été leurs travailleurs en masse.

Le secteur de la construction veut faire de l'an 2002 "l'année de la sécurité" au cours de laquelle, par le biais de campagnes thématiques, de concours de sécurité, de publicité et d'information, toute personne mêlée au processus de construction soit conscientisée de la nécessité de travailler davantage en sécurité.

Collaboration nécessaire

Il est clair que tous ces objectifs ne seront pas réalisables sans soutien des autorités, des maîtres d'ouvrage et même du grand public.

L'Arrêté Royal du 3 mai '99, également connu comme "l'Arrêté Coordination", a été annulé le 16 décembre de cette année suite à une erreur de procédure. Mais pour l'instant, un nouveau projet d'A.R. se trouve déjà au Conseil Supérieur pour la Prévention. C'est pour cette raison que le C.N.A.C. fait un appel urgent au Ministre de l'Emploi, Mme. L. Onkelinx, pour exiger que dans le nouvel A.R. le coût des équipements pour la sécurité doit faire l'objet d'une mention séparée et clairement chiffrée dans les offres. Il s'agit de la seule façon d'exclure la concurrence aux dépens de la sécurité.

Aux maîtres d'ouvrage on demande d'une part de profiter pleinement de la nouvelle fonction de coordinateur-projet et d'autre part de prévoir des délais d'exécution plus raisonnables afin que les exécutants aient le temps de travailler en sécurité.

Parce qu'à l'heure actuelle, le secteur intervient en tant que formateur d'une matière de base essentielle pour tous les collaborateurs dans la construction, le C.N.A.C. insiste auprès des Ministres compétents de l'Enseignement en de la Formation pour que la sécurité de base soit reprise dans les programmes, à tous les niveaux de l'enseignement de la construction.

Mais aussi la collaboration du public est indispensable. Les travailleurs et les entrepreneurs de la construction en exécutant leur travail provoquent parfois pour les besoins de la cause une gêne, mais les injurier ou les forcer à s'écarter ne fait qu'engendrer de nouveaux risques pour les deux parties.

Des accidents sont chers

Les partenaires sociaux font la promotion de la sécurité non pas pour l'argent mais citent toutefois quelques chiffres: en 1997, les assureurs ont payé environ 5,1 milliards de francs de dommages et intérêts suite à des accidents survenus dans la construction et les coûts indirects supportés par le secteur et par la société étaient encore quatre fois plus élevés. Le travail en sécurité permet donc non seulement un plus grand bien-être pour les travailleurs mais aussi une réduction importante des frais pour la société.
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