(Edition 00/5 page 48)
Le nombre
d'accidents dans la construction a diminué, mais le secteur ne peut pas
suivre l'évolution positive des autres secteurs: la diminution du taux
de fréquence des accidents de 17% n'égale pas les 21% qu'on a
pu réaliser dans tous les autres secteurs. En plus, tandis que la gravité
des accidents global diminue, notre secteur est de plus en plus confronté
à des accidents graves.
Afin de pouvoir réaliser des actions adéquates, le C.N.A.C. a décidé d'étudier avant tout les causes principales des accidents. On a constaté quelques choses remarquables:
Le C.N.A.C.
dispose d'une vingtaine de collaborateurs spécialisés qui visitent
chaque année quelque 16.000 chantiers où ils procurent, tout à
la fois aux travailleurs et aux responsables du chantier, des conseils et des
explications au sujet des risques concrètes et des problèmes qui
surviennent sur ce chantier. Parce qu'ils doivent souvent répéter
la même chose et qu'un certain nombre de risques revient sans cesse, le
C.N.A.C. a décidé d'établir, avec le soutien financier
de l'Europe, un programme ayant pour but de centraliser et répertorier
tous les risques constatés dans << L'atlas de prévention
Construction >>. Cet 'hit-parade' des risques permettra à l'organisation
de se focaliser de manière très concrète et ciblée
sur les situations à risques les plus dangereuses et les plus fréquentes.
Tous les collaborateurs du C.N.A.C. et les conseillers ont en plus suivi récemment une formation en techniques de vente afin de pouvoir convaincre, encore plus que par le passé, les entrepreneurs et les travailleurs de l'importance et de la nécessité de travailler en sécurité. Parce que les travailleurs et les responsables de chantier qui se trouvent aujourd' hui sur le terrain n'ont pas reçu de cours de sécurité à l'école, le secteur de la construction a décidé par sa dernière CCT d'organiser et de rétribuer lui-même une formation << sécurité de base >>. Jusqu'à présent, quelque 17.000 personnes ont suivi ce cours et on espère que les entrepreneurs inscriront à nouveau après les vacances d'été leurs travailleurs en masse.
Le secteur de la construction veut faire de l'an 2002 "l'année de la sécurité" au cours de laquelle, par le biais de campagnes thématiques, de concours de sécurité, de publicité et d'information, toute personne mêlée au processus de construction soit conscientisée de la nécessité de travailler davantage en sécurité.
L'Arrêté Royal du 3 mai '99, également connu comme "l'Arrêté Coordination", a été annulé le 16 décembre de cette année suite à une erreur de procédure. Mais pour l'instant, un nouveau projet d'A.R. se trouve déjà au Conseil Supérieur pour la Prévention. C'est pour cette raison que le C.N.A.C. fait un appel urgent au Ministre de l'Emploi, Mme. L. Onkelinx, pour exiger que dans le nouvel A.R. le coût des équipements pour la sécurité doit faire l'objet d'une mention séparée et clairement chiffrée dans les offres. Il s'agit de la seule façon d'exclure la concurrence aux dépens de la sécurité.
Aux maîtres d'ouvrage on demande d'une part de profiter pleinement de la nouvelle fonction de coordinateur-projet et d'autre part de prévoir des délais d'exécution plus raisonnables afin que les exécutants aient le temps de travailler en sécurité.
Parce qu'à l'heure actuelle, le secteur intervient en tant que formateur d'une matière de base essentielle pour tous les collaborateurs dans la construction, le C.N.A.C. insiste auprès des Ministres compétents de l'Enseignement en de la Formation pour que la sécurité de base soit reprise dans les programmes, à tous les niveaux de l'enseignement de la construction.
Mais aussi la collaboration du public est indispensable. Les travailleurs et les entrepreneurs de la construction en exécutant leur travail provoquent parfois pour les besoins de la cause une gêne, mais les injurier ou les forcer à s'écarter ne fait qu'engendrer de nouveaux risques pour les deux parties.