(Edition 00/7 page 32)

Des graphiques trompeurs en relation avec l'allongement à la rupture d'EPDM et de PVC

Dans l'article "Une étude confirme la qualité des membranes d'étanchéité" par l'ing. Gunther Guinée (Roof Belgium juin no 5/2000), on a présenté un graphique en relation avec l'allongement à la rupture de membranes d'étanchéité synthétiques, qui serait également repris dans la nouvelle version de la NIT 183 : la NIT 215. Selon le VESP, l'Association de Producteurs de Systèmes EPDM, les valeurs mesurées varient tellement dans ce graphique que les courbes - tant pour le PVC que pour l'EPDM - sont quelque peu trompeurs et pas vraiment utilisables. L'argumentation du prof. Dr. Ir. J.W.M. Noordermeer de l'Université de Twente (Pays-Bas) et spécialiste EPDM depuis des années chez le fabricant néerlandais DSM a été acceptée par le CSTC et les graphiques adaptés seront donc publiés dans la version définitive de la nouvelle NIT 215. Afin d'éviter tout malentendu, le VESP nous a demandé de publier déjà l'article ci-dessous avec les graphiques complémentaires. (Réd.)

Le choix de l'allongement à la rupture en tant que mesure pour la détérioration de la feuille dans le temps est la caractéristique pour les membranes d'étanchéité synthétiques qui est le plus sujette à la détérioration et le plus facile à extrapoler après des laps de temps plus longs.
Le graphique montré présente un grand range dans les résultats mesurés, vu l'évolution irrégulière des deux courbes. A savoir qu'il est contre nature que l'allongement à la rupture évoluerait autrement que progressivement dans le temps. Il faut donc imputer le grand range pour les deux matériaux à une imprécision dans la mesure, ce qui n'est pas exceptionnel pour les tests de l'allongement à la rupture. Afin d'obtenir une meilleure vue sur le déroulement réel de l'allongement à la rupture, il est d'usage de décrire les points par une courbe mathématique. Plusieurs équations empiriques sont possibles en fonction de la grandeur physique mesurée. Une méthode fréquemment utilisée est une reproduction logarithmique de l'allongement à la rupture face à une reproduction linéaire dans le temps.
Les résultats de la courbe contestée étaient reproduites de cette façon dans l'illustration 1. Les lignes correspondent à une moyenne mathématique de l'évolution des points. Il est clair que le range des données PVC est plus important que pour l'EPDM. Dans les deux cas, il faut considérer ceci comme un écart naturel dans les mesures, sans conclure que par sa nature le range du PVC serait plus grand que celui de l'EPDM. Ceci prouve une fois de plus que chaque mesure de l'allongement à la rupture est soumise à un écart relativement important.
Tracer une ligne des valeurs moyennes est possible pendant les première années, car l'écart des différentes mesures est relativement stable pendant cette période. Puisque les années suivantes, on mesure moins fréquemment, une seule valeur divergente pourra influencer fortement l'évolution de la ligne théorique et donc tracer une image complètement différente. A titre d'exemple, nous représentons les mêmes valeurs dans l'illustration 2, à l'exception des données de la 17e année. Nous constatons que la ligne EPDM bouge à peine, mais que la ligne PVC glisse notablement et qu'elle se positionne presque en parallèle avec la ligne EPDM. Ceci prouve donc que l'écart dans seulement un point de mesure pour le PVC fausse la comparaison avec l'EPDM, ce qui peut mener à des conclusions erronées.
Afin d'illustrer la méthode de travail suivie, on représente dans l'illustration 3 les résultats d'une autre feuille EPDM, qui se trouve déjà depuis 25 ans sur le toit d'un garage à Born aux Pays-Bas. Nous constatons que pour cette feuille aussi, la méthode semi-logaritmique est satisfaisante et qu'elle représente donc une méthode de travail utilisable.

Le VESP est d'avis que la courbe contestée, publiée dans l'article 'Une étude confirme la qualité des membranes d'étanchéité" dans Roof Belgium juin no 5/2000 et prévue pour réédition dans la nouvelle NIT 215, trace une image du vieillissement de l'EPDM par rapport au PVC qui n'est pas en accord avec la réalité. Les représentations graphiques donnent d'importantes indications que la dernière mesure du PVC observée après un délai de 17 ans est très élevée et que l'on a pas tenu compte de l'imprécision naturelle dans la mesure de l'allongement à la rupture. Une telle représentation n'est pas justifiée du point de vue statistique et elle peut donner lieu à des conclusions non fondées en ce qui concerne l'efficacité des deux matériaux. Il est en effet impossible que la valeur serait de nouveau aussi élevée après 17 ans que pendant les premières années. L'illustration 2 donne donc les courbes de vieillissement les plus logiques, correspondant le plus aux mesures faites par des tiers.


Sélectionnez:
Sommaire Roof Belgium 2000

Retour à Roof Belgium
Retour à DakWeb