(Edition 97/6 page 35)

Finances

Le mauvais comportement de paiement des belges

Les défauts de paiement sont le cauchemar de tout entrepreneur. Dans le pire des cas, ils peuvent ruiner une entreprise pourtant saine. Le comportement de paiement en Europe a encore empiré, à telle enseigne que l'Union Européenne y voit un problème sérieux. Avec une moyenne de 61 jours, les belges comptent parmi les plus mauvais payeurs.

Les délais de paiement varient d'un pays à l'autre (voir graphique 1).

C'est en Grèce qu'ils sont les plus longs (94 jours), en Norvège les plus brefs (27 jours). La Belgique affiche une moyenne de 61 jours, ce qui se situe au-delà de la moyenne européenne de 53 jours. Les termes contractuels de crédit étant de 39 jours en moyenne européenne, l'on en déduit qu'en Europe les paiements arrivent avec un retard moyen de 14 jours.

La situation en Belgique

La Belgique compte parmi les pays ayant les plus considérables retards de payement en Europe. Les termes de paiement convenus sont en moyenne de 41 jours, mais la moyenne des paiement réels se situe à 61 jours. L'on constate donc un retard moyen de 20 jours. De ce fait, le client belge s'accorde 50% de jours de crédit au-delà de ce qui est consenti par son fournisseur.

Causes

A l'échelle européenne, 35% des paiements tardifs sont dûs à la mauvaise volonté du débiteur, 33% à ses difficultés financières, 16% à des erreurs administratives et seulement 3% à quelque désaccord existant entre client et fournisseur. En Belgique également, la mauvaise volonté est la cause la plus fréquente (49%), ce qui rejoint les pourcentages les plus élevés d'Europe. Les autres causes sont en proportion à peu près égales à celles des moyennes européennes. Il est à remarquer que le secteur public est au second rang des mauvais payeurs, en Europe et certainement en Belgique (voir graphique 2).

66% des entreprises constatent que les paiements tardifs leur suscitent de sérieux problèmes de cash-flow: 55% en subissent des diminutions de bénéfices. Ceci vient freiner leur croissance économique et capacité d'emploi et limite leurs investissements. Plus de 20 % des entreprises reconnaissent qu'elles exporteraient davantage si les clients étrangers payaient plus rapidement.

Et les remèdes?

Les possibilités de réduction des redards de paiements diffèrent sensiblement en Europe. Cela s'étend d'une gestion interne des débiteurs à des procédures jurudiques via avocats ou recours à des agences de recouvrements. Même ainsi, la majorité des entreprises considèrent que les possibilités et procédures actuelles sont inefficaces, trop chères et trop lentes. Plus de 8% des entreprises plaident en faveur d'une simplification des procédures et 91% estiment qu'il faudrait compter un intérêt de retard en cas de paiement tardif. 81% disent que les frais devraient être entièrement récupérables auprès du débiteur.

La Commission Européenne a compris que les paiements tardifs freinent la croissance des PME. C'est pourquoi la Commission envisage de publier, dans un avenir proche, une directive enjoignant aux Etats-membres

Source: 'KB & entrepreneur'


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