(Edition 98/8 page 28)

Toitures inclinées

Dossier: la toiture Sarking (4)

Le système SARKING est un procédé d'isolation thermique de toitures inclinées caractérisé par la pose de panneaux isolants rigides au-dessus des chevrons ou fermettes. Après avoir abordé dans l'édition précédente les deux premiers ouvrages de raccords, à savoir les égouts et les rives, cette quatrième et dernière partie est consacrée aux autres ouvrages de raccords, à savoir, les faîtages et arêtiers, les noues, les cheminées et les fenêtres de toit.

Dans la toiture Sarking, il est particulièrement important, comme dans toute toiture, d'assurer la continuité de la couverture, de la sous-toiture, de l'isolation thermique et de l'étanchéité à l'air au niveau des ouvrages de raccords. La pose des matériaux de couverture et leurs supports est comparable à celle préconisée pour les toitures traditionnelles. Par contre, comme l'isolant à lui seul peut assurer les fonctions de sous-toiture, d'isolation thermique et d'étanchéité à l'air, la réalisation de ces trois fonctions est spécifique au procédé Sarking. De plus, cette technique impose de tenir compte de l'épaisseur supplémentaire apportée par l'isolant.

Faîtages et arêtiers

La ligne de rencontre supérieure entre deux versants opposés (faîtage) est décrit à la figure 1. Généralement, le faîtage est horizontal; dès lors, le dernier rang supérieur de panneaux isolants sur chaque versant doit suivre cette ligne horizontale. Si, par contre, le faîtage est légèrement incliné ou déformé, il est nécessaire d'ajuster la partie supérieure des panneaux du dernier rang suivant cette ligne.

Cet ajustement s'applique naturellement aux panneaux situés au droit des arêtiers.
Pour assurer la jonction étanche de l'isolation entre les deux versants de la toiture (continuité de l'isolation et de l'étanchéité à l'air), il y a lieu d'agrandir cette jonction (jamais parfaite au départ) en chanfreinant les bords des deux panneaux au faîtage ou à l'arêtier (ouverture de +/- 20 mm) et en remplissant le joint ainsi créé par de la mousse PUR injectée (Fig.1, no13); le remplissage par de laine minérale est déconseillé, car cette dernière n'assure pas l'étanchéité à l'air.

Enfin, là ou les lattes d'ajustement ou les étriers, nécessaires dans le cas de couverture en tuile, peuvent être fixés sur les contrelattes (Fig.1, no11). Ces lattes ou étriers ne sont pas utilisés pour les couvertures en ardoises.

Noues

Comme pour les faîtages et arêtiers, la jonction étanche de l'isolation entre les deux versants de la noue (Fig. 2 et 3) doit être assurée par un remplissage de mousse PUR injectée (voir paragraphe précédent).
Cependant, contrairement aux faîtages et arêtiers, les quantités d'eau à évacuer par la noue peuvent être très élevées. C'est pourquoi, il est extrêmement important d'assurer la continuité de la fonction sous -toiture des panneaux isolants à cet endroit. Cette continuité peut être réalisée par la mise en place d'une membrane souple ou par une sous- noue métallique (Fig.2) ou encore par deux contrelattes judicieusement disposées (Fig.3 et Photo 4). Les raccords entre les panneaux isolants et ces différents systèmes doivent être rendus étanches par des joints de mastic souple.
Dans le cas de l'utilisation d'une sous -toiture complémentaire aux panneaux isolants, celle-ci doit, en principe, assurer la fonction sous- toiture au niveau de la noue; néanmoins, l'étanchéité à l'air de tous les joints entre les panneaux isolants doit être réalisée à l'aide d'un mastic souple.

Cheminées

Lors de la rencontre entre les panneaux isolants et la pénétration d'une cheminée (Fig.4 et 5), il faut veiller à assurer la continuité des différentes fonctions de ces panneaux, à savoir, l'isolation thermique, l'étanchéité à l'air et la sous-toiture.
Dans le cas d'une cheminée isolée par l'extérieur (Fig. 4), la continuité de l'isolation est assurée en prolongeant cette isolation jusqu'au niveau des panneaux isolants du versant de toiture.
Par contre, si la cheminée est isolée par l'intérieur (Fig. 5), cette continuité ne peut être assurée que par l'interposition de briques ou de blocs isolants lors du montage de la cheminée et ce, au niveau précis de l'isolation du versant de la toiture. Dans les deux cas, il est important de parachever cette continuité de la fonction isolation en injectant de la mousse PUR entre l'isolant du versant et le corps de cheminée. Ce cordon assure également l'étanchéité à l'air.

La continuité de la fonction sous-toiture est réalisée en amont de la pénétration par un arrêt d'eau permettant d'évacuer celle-ci à droite ou à gauche de la cheminée. Cet arrêt d'eau est réalisé par une membrane souple (Fig. 4, no6) ou une bavette métallique (figure 5, no 11) ou encore par une latte d'arrêt (Fig. 6, no7).

La jonction entre la partie rampante de l'arrêt d'eau et les panneaux isolants est réalisée par un joint mastic souple ou, en cas d'utilisation d'une sous-toiture, par la simple superposition de cette dernière sur l'arrêt d'eau. En aval et sur les côtés latéraux, au vu des faibles quantités d'eau à évacuer à ces endroits, le cordon de mousse PUR injecté entre l'isolant du versant et le corps de la cheminée est suffisant pour assurer la fonction sous-toiture.

Enfin, à la jonction entre les panneaux isolants et le corps de cheminée, des précautions sont à prendre en fonction des règles en vigueur concernant l'écart de feu à respecter [3]. Néanmoins, l'étanchéité tant des joints que des briques de la souche de cheminée sera vérifiée afin de s'assurer que ni des fumées, ni des flammes ne puissent venir en contact avec les panneaux isolants, les contrelattes, les lattes, etc. ..

Fenêtres de toit

Les différents points traités au paragraphe 'cheminées' sont également d'application lors de la mise en place d'une fenêtre dans le versant de la toiture (Fig.6). La seule différence consiste à utiliser une membrane souple (Fig.6, no5) sur le pourtour du dormant pour assurer l'étanchéité à l'air.
De plus, afin d'éviter des surchauffes trop importantes dans les pièces sous-jacentes, orientées principalement au sud, il est recommandé de prévoir une protection solaire extérieure de la fenêtre.

Conclusions

Les auteurs espèrent que les informations reprises dans l'ensemble des 4 articles sur ce procédé, encore peu connu, ont apporté des précisions utiles tant pour les prescripteurs que pour les entrepreneurs.

Ils sont parfaitement conscients que tous les aspects de cette technique n'ont pas été abordés dans le cadre de cette publication. Ces différents aspects le seront lors de l'élaboration d'une future Note d'Information Technique du CSTC, note qui traitera de tous les systèmes d'isolation thermique appliqué sur charpente de toitures inclinées (Toiture Sarking , panneaux autoportants, etc...).

Entre-temps, une journée 'Couverture' sur le sujet sera organisée à Namur le 6 janvier 1999. Pour plus d'informations voir l'agenda dans la rubrique 'journal' de cette édition.


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